Un peu d’histoire

Les origines

Sa naissance et son caractère originel, La Neuveville les doit à ce double facteur: sa position géographique et la nature de sa terre. Le premier décidera de la construction du château, le Schlossberg, devançant d’une trentaine d’années la fondation définitive de la ville, qui trouvera ses moyens de vie dans la culture de sa terre, c’est-à-dire la viticulture. Cette double origine, elle ne la crée pas, elle la subit. Pays de marche, La Neuveville le sera dès avant son éclosion à la vie historique. Le Schlossberg, érigé en l’an 1283 par Henty d’Isny, Prince-Evêque de Bâle, s’élève seul sur son piton de rocher, dans une région presque déserte, mais précieuse à son propriétaire, parce que confins de ses domaines, face au Comté de Neuchâtel. Construction strictement militaire, qui, d’emblée explique l’organisation militaire aussi, de la future agglomération projetée à ses pieds. Car un château pareil suppose une garnison, et les moyens financiers du Prince-Evêque ne peuvent supporter l’entretien d’un corps de troupes permanent et spécialement affecté à une mission de garde forcément intermittente. Fondée par le Prince-Evêque de Bâle Gérard de Vuippens, La Neuveville fut construite entre 1312 et 1318 et le Prince lui accorda rapidement une charte de franchises qui lui assurait une grande liberté.

Large autonomie

Suite à la défense de leur ville et château contre biennois et bernois, Jean de Vienne en 1368 récompensa les Neuvevillois en leur octroyant de nouveaux privilèges, un sceau et le droit de bannière. C’étaient à cette époque les symboles de la liberté.

Les Confréries

A l’instar des communautés urbaines de notre pays, La Neuveville avait son Petit et Grand Conseil. Ses membres étaient choisis dans les trois confréries – les « vignolans » ou vignerons, les pêcheurs et les « escoffiers » ou cordonniers – à raison de huit par confrérie. Le Conseil nommait également les deux maîtres-bourgeois.  Le Prince-Evêque était représenté par le Châtelain, qui exerçait la haute surveillance. Le Prince intervenait rarement , il exercait le droit de grâce et le Châtelain présidait en son nom le Tribunal suprême.  La Neuveville jouissait donc d’une large autonomie sur les trois plans de l’administration, de la justice et de l’impôt.

L’alliance avec Berne

En 1388, La Neuveville signait un traité de combourgeoisie avec Berne. C’est, dans l’histoire de notre petite ville, un événement qui eut les conséquences les plus importantes et lointaines. Mais d’abord, pourquoi cette alliance ? La Neuveville ne se trouvait sans doute pas suffisamment protégée par son suzerain l’Evêque, lointain et militairement faible. Berne, en revanche, était une puissance. Cette alliance fut onéreuse. Berne avait fait des Neuvevillois ses combourgeois à condition qu’ils « tireraient en guerre » avec elle. Les Neuvevillois remplirent scrupuleusement leurs engagements, pas seulement lors des guerres de Bourgogne, mais les contingents neuvevillois et ceux du Plateau de Diesse prirent part du XVe au XVIIIe siècle, sous la bannière de La Neuveville,  à la conquête de l’Argovie, au siège de Greifensee et à Saint-Jacques sur la Birse, à Blamont, à Grandson, à Morat contre le Téméraire, à Dornach contre l’Empereur. On les retrouve également à Varèse, Venise ou Milan durant les guerres d’Italie, puis à la conquête du pays de Vaud.

La Neuveville en 1760
La Neuveville en 1760

La Réforme et la tradition scolaire

Un événement survint en décembre 1530, qui allait donner à notre ville le contact avec la Romandie, dès lors sa vraie patrie intellectuelle. Il s’agit de la Réforme qui a stimulé l’éducation générale du peuple et La Neuveville s’efforça à suivre ce courant. A l’instar des villes romandes de Genève, Lausanne ou Neuchâtel, elle tend dès le 18ème siècle à devenir une ville d’éducation pour les jeunes gens de langue étrangère, désireux d’étudier le français. Ses pasteurs y créent des pensionnats où affluent plus particulièrement les Suisses allemands, les Allemands, les Anglais et Ecossais, puis plus tard, également des étudiants de pays d’Amérique du Sud. Bien que les pensionnats ont aujourd’hui disparus, la tradition de ville d’étude s’est maintenue avec l’Ecole de commerce encore bien présente de nos jours.

Destin d’une petite ville

La géographie et l’histoire se sont plu à isoler  La Neuveville. Elle occupait dans l’Evéché de Bâle et occupe aujourd’hui dans le Jura bernois et dans le canton de Berne une position excentrique. Au nord elle est séparée des 4 autres communes de l’ancien district par la haute rampe de la Chaîne du Lac. De plus ce sont des localités rurales, tandis qu’elle est viticole. De ses voisins de l’Est et du Sud, elle est isolée par la langue. Enfin du côté du Landeron, c’est-à-dire la Suisse romande, la frontière cantonale dresse un nouvel obstacle. La situation était encore aggravée, pendant des siècles, par la différence des confessions, La Neuveville étant protestante et Le Landeron catholique.

Au contraire de Bienne qui comptait en 1850 que le double d’habitants de La Neuveville,  le destin de notre cité, par sa position géographique, est de demeurer une petite ville et c’est très bien ainsi…

 

La majorité des ces textes ont été tirés du livre:  Trésors de mon pays – La Neuveville                                                                                                     de Maurice Moeckli et Marcel Joray